Traumatismes crâniens: le combat de Denis Bouchard se poursuit

Pier-Yves Bouchard 1987-2009

Raphaël Beaumont-Drouin raphael.beaumont-drouin@tc.tc
Publié le 2 janvier 2017

Denis Bouchard pense très souvent à son fils.

©TC Media - Raphael Beaumont-Drouin

PORTRAIT. Près de huit ans après la chute qui a coûté la vie à son fils Pier-Yves, Denis Bouchard poursuit sa croisade de sensibilisation et d'aide aux athlètes victimes de traumatismes crâniens.

«Va moins vite en ski. Tu n'auras pas besoin de mettre de casque.» Le conseil avait été donné sur un ton désintéressé. L'unique réponse d'un père à un fils inquiet d'avoir à esquiver les arbres dans un sous-bois, la tête nue.

Assis à côté d'eux dans le remonte-pente, Denis Bouchard est devenu livide. «Ça m'a secoué en dedans», a-t-il confié en entrevue avec TC Media Nouvelles.

Pier-Yves Bouchard est décédé le 29 mars 2009 à l'hôpital de l'Enfant-Jésus.
TC Media - Raphael Beaumont-Drouin

Deux ans avant cet épisode, son propre garçon avait perdu la vie dans des circonstances tragiques. Luttant pour la possession du ballon dans un tournoi de soccer intérieur, Pier-Yves Bouchard perd l'équilibre et chute violemment − tête première − contre un mur. Plongé dans un coma, il succombe à son traumatisme crânien, un mois plus tard, le 28 mars 2009.

«Si Pier-Yves avait survécu et qu'on avait voulu avoir de l'aide, on n'aurait pas eu grand-chose, affirme Denis Bouchard. On n’a pas trouvé d'organisme qui donnent de l'aide dans ce genre de cas précis.»

«Pour les accidents de voiture, les gens vont être épaulés par la SAAQ, mais pour les accidents comme ceux-ci, on n'a rien trouvé», ajoute  sa fille, Milaine.

C'est dans un désir d'aider que le duo père-fille allait créer la fondation Pier-Yves Bouchard. Depuis bientôt sept ans, l'organisme fait de la prévention et de la sensibilisation en plus d'appuyer financièrement les sportifs blessés au crâne.

Hockeyeurs, skieurs, joueurs de football: la fondation épaule une panoplie d'athlètes  dans leurs traitements et leur processus de réhabilitation.

Une initiative avant tout altruiste, selon le père. «Je n'ai pas fait ça pour "passer au travers", précise-t-il. La Fondation et mon deuil, ce sont deux choses différentes. Je les ai vécues à part.»

Au fil des années, le projet des Bouchard a pris une ampleur «inespérée», aux dires de ses fondateurs. Ces derniers ont accueilli l'athlète en cross-country du Rouge et Or Emmanuel Boisvert dans leurs rangs. Lui qui a été victime d'un grave traumatisme crânien en 2013.

Denis Bouchard en compagnie de sa fille, Milaine.
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La longue marche

Même s'il avoue que la sécurité en sport a fait du chemin depuis les débuts de la fondation, Denis Bouchard croit qu'il y encore beaucoup de chemin à faire pour changer certains comportements. Surtout dans un domaine où l'adrénaline, l'orgueil et la fierté peuvent former un cocktail dangereux.

«Mon rêve, ce serait de ne plus avoir à débourser pour des traitements, des soins. De faire purement de la prévention, et de la sensibilisation», explique-t-il.

«Je ne veux pas empêcher les gens de faire leur sport. Je veux juste qu'avant de jouer, qu'ils prennent le temps de bien s'installer et de ne pas se mettre en danger inutilement.»

Afin de s'autofinancer, la fondation a recours a plusieurs activités-bénéfices, dont un tournoi de soccer qui sera organisé au mois de mai.