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Bouleversement du marché immobilier à venir


Publié le 3 juin 2017

L'inversion de la pyramide des âges aura un impact réel sur le développement immobilier des prochaines années.

©TC Media - Mélanie Labrecque

SOCIÉTÉ. Le développement résidentiel et commercial subira une transformation importante au cours des prochaines années. C’est ce qui ressort d’une analyse des dernières données du recensement par le groupe Côté Conseil Immobilier.

L’inversement de la pyramide des âges amorcée en 2011 se poursuit alors que les baby-boomers sont plus nombreux à atteindre le moment de leur retraite. Du coup, ils quittent progressivement la banlieue pour se rapprocher des centres urbains, ce qui a un impact sur le marché immobilier.

«On déplace la demande de l’unifamilial, du condo vers des résidences un peu plus adaptées. Elles offrent plus de services, même dans les soins de longue durée», a indiqué le président de l’entreprise, Christian-Pierre Côté.

Ces nouveaux besoins ont comme effet de drainer la population de plus de 75 ans vers les villes là où sont construits les grands complexes d’habitation avec services. «Le phénomène va s’accentuer avec les années», a-t-il poursuivi.

Christian-Pierre Côté, président de Côté conseil immobilier.
Gracieuseté

Il a spécifié qu’il faut une masse critique pour rentabiliser l'érection des complexes de 200 à 300 logements. Les exigences quant à la sécurité, aux soins et à l’installation de dispositifs comme les gicleurs se paient, a-t-il noté. Pour amortir les coûts, il n’est plus possible de construire des demeures de plus petite envergure. D’un autre côté, les retraités laisseront derrière eux des résidences plus près des centres urbains, ce que recherche la population active. Actuellement, pour accéder à la propriété, la classe moyenne a tendance à s’éloigner en région.

Prix de vente

Cette abondance sur le marché ne devrait pas nécessairement tirer le prix des résidences vers le bas. Christian-Pierre Côté évalue que l’agglomération métropolitaine de Québec connaîtra plutôt une stabilisation du marché. Toutefois, ce ne sera pas le cas partout.

«Il n’y a pas de croissance démographique. Dans la majorité des régions de l’Est-du-Québec, il y a une stabilité ou une baisse de la population. Si nos vieux vont vers les résidences et s’il n’y a personne pour acheter les maisons, il y aura un allongement des délais de vente et ultimement une diminution des prix.»

Banlieue

Pour accéder plus facilement à la propriété, plusieurs travailleurs se tournent vers des municipalités plus éloignées. Cependant, a estimé M. Côté, les bénéfices seraient relativement limités et un retour vers le centre est inévitable.

«S’éloigner de la ville leur fait perdre un temps énorme… Si je passe 1h30 par jour dans ma voiture, au bout d’une semaine, ça peut aller jusqu’à sept et demi. Ça veut dire que je ne travaille pas cinq jours, mais six. Si l'on transforme ce temps en argent, ça me coûte plus cher que l’économie que je réalise sur mon terrain.»

Aussi, le retour sur l’investissement ne sera pas le même lors de la revente de la résidence. Il a constaté que plus une maison est proche d’un centre d’une ville, plus sa valeur augmentera rapidement. 

Différent pour le commerce

Les retraités «consomment moins et différemment» en fonction de leur revenu disponible qui est moins élevé, a indiqué Christian-Pierre Côté. Toutefois, l’influence de la démographie dans le secteur de la vente au détail n’est pas la même que dans l'immobilier. Il explique que l’impact du commerce électronique est beaucoup plus grand. Plusieurs entreprises abandonnent l’inventaire en magasin et se dirigent plus vers un commerce de vitrine. «L’espace commercial coûte cher. Les entreprises sont en train de redéfinir le modèle. Une fois que tu as décidé de ce que tu voulais, que tu l’aies tout de suite ou plus tard importe peu», a-t-il indiqué. 

Évolution de la population de Lévis de 2011 à 2016

2011

140 137

2012

141 142

2013

141 797

2014

142 564

2015

143 653

2016

144 918