Bélibec répond présente et Aquarelle se fait désirer

Bélugas adoptés


Publié le 22 mars 2017

Aquarelle a été baptisée par des élèves de l’école du Grand Fleuve à Saint-Romuald.

©Gracieuseté

ENVIRONNEMENT. Les villes de Québec et de Lévis ont chacune adopté un béluga en 2014: Bélibec et Aquarelle. Si Bélibec a montré le bout de sa crête l’été dernier, Aquarelle ne s’est pas encore présentée aux chercheurs depuis son adoption, selon les constatations du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).

Pour les scientifiques, l’été 2016 a été très fructueux pour l’observation de ces cétacés. «Nous avons passé 60 jours en mer et revu près 120 troupeaux. Chaque fois, nous nous sommes promenés entre chacun des groupes et nous avons pris des photos. Nous avons reconnu 84 bélugas de notre album de famille», a mentionné Robert Michaud, le président du GREMM.

Du nombre, poursuit-il, ils en ont aperçu 18 qui appartenaient aux 34 bêtes adoptées en 2014. «De ce nombre, 10 l'ont été par des municipalités riveraines et nous en avons observé la moitié.»

Bélibec était du lot. La femelle d’environ 37 ans est parrainée par la ville de Québec. «Elle a été revue pendant presque toute une journée. On hésitait puisqu’il y avait un jeune à côté d’elle. Était-ce le sien ? À la fin de la journée, on a conclu que ce n’était pas son bébé, puisqu'il est parti avec une autre femelle», a ajouté M. Michaud.

Quant à Aquarelle, même si elle n’a pas été repérée, cela ne veut pas dire qu’elle n’est pas là. «C’est un travail très fastidieux. À la fin de chaque année, nous donnons des résultats préliminaires, mais l’analyse se poursuit. Parfois, nous avons des surprises. Ça peut prendre jusqu’à un an avant d’en retrouver un parmi les fichiers.» Il peut aussi se passer plusieurs années entre deux observations, a-t-il noté.

Mortalité

Les bélugas du Saint-Laurent ont été mis récemment sur la liste des animaux en voie de disparition. Le déclin de la population qui compte moins de 1000 spécimens pourrait s’accélérer a estimé M. Michaud. «Ce qui nous inquiète le plus, c’est qu’on a enregistré, depuis 2010, une mortalité accrue chez les nouveau-nés. Ça se fait au même moment qu’une baisse annuelle de 1 à 1,5% de la population. Tous les voyants sont au rouge.»

Les bélugas se reproduisent très lentement. Les femelles deviennent mature sexuellement vers l’âge de 10 ans et ont en général un petit tous les deux ou trois ans. Vers 35 ans, les experts ont relevé une baisse de fertilité. Les baleines blanches peuvent vivre de 75 à 80 ans passent les 20 à 30 dernières années de leur vie sans mettre bas. «Elles ont encore un rôle actif et social important de transmissions de connaissances», a relaté M. Michaud.