Le vaccin boudé par près de 20% des parents

VPH

Mélanie Labrecque melanie.labrecque@tc.tc
Publié le 19 octobre 2016

Les enfants de quatrième année, garçons et filles, recevront cette année le vaccin contre le VPH.

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SANTÉ. L’an dernier, 1657 fillettes de quatrième année de la Chaudière-Appalaches ont été vaccinées contre le Virus du papillome humain (VPH), soit 82% de la clientèle ciblée.

Selon des chiffres fournis par le Centre intégré en santé et services sociaux de la Chaudière-Appalaches (CISSS), il s’agit d’une baisse par rapport à l’année scolaire 2013-2014. À cette époque, 1653 jeunes filles, soit 87%, avaient reçu le vaccin.

Cette diminution s’explique, selon Dre Diane Morin, médecin-conseil à la Direction de la Santé publique, par la sortie d’un groupe de chercheuses, en 2015, qui estimaient que le vaccin était dangereux.

«Elles affirmaient avoir fait une étude qui démontrait qu’il n’était pas efficace et sécuritaire. Elles ont dit qu’elles avaient été financées pour la faire. Par contre, elles ne l’ont jamais publiée. Ça a amené un gros doute dans la population l’année dernière.»

Elle a rappelé que le même type de résistance avait été rencontré dans les années 1990, lorsque le vaccin contre l’Hépatite B avait été introduit au Programme québécois d’immunisation.

«On vaccine contre une infection transmissible sexuellement des jeunes qui ne sont pas actifs. L’idée est bonne, on leur donne des anticorps avant qu’ils soient exposés, mais les parents ont une réserve. Ils sont plus difficiles à accepter dans la population», a-t-elle poursuivi. Pour l’Hépatite B, a ajouté Dre Morin, il aura fallu de cinq à huit ans avant qu’il fasse consensus. Elle croit qu’avec le temps les doutes se dissiperont aussi dans le cas du VPH.

Diane Morin répète qu'il est sécuritaire et efficace. «Santé Canada ne lésine pas et veut avoir la preuve qu’un vaccin est efficace et sécuritaire avant de l’homologuer.» La seule variable qui est toujours inconnue, a-t-elle précisé, c’est la durée des effets du vaccin.

Il faudra attendre encore de cinq à 10 ans avant de voir des résultats concrets sur la prévalence du cancer de l’utérus, selon elle.

La vaccination contre le VPH a été introduite en 2008 chez les jeunes filles. Depuis cet automne, il est aussi offert gratuitement aux garçons. Les élèves de quatrième année doivent recevoir leur première dose au cours des prochains jours.